Hortense Varillon, photographe boulimique accumule des milliers de clichés, argentiques, numériques, diapositifs… De cette immense base de données visuelles, elle extrait des fragments qu’elle découpe et colle, associant des images prises en des temps, lieux et circonstances sans rapport entre eux.

Les compositions résultantes sont imprimées sur du Plexiglas et présentées à quelques centimètres du mur, avec un éclairage frontal. Les ombres des formes de la surface sont ainsi projetées sur la paroi, ce qui confère à l’ensemble une troisième dimension réelle, contredisant celle, conventionnelle et fictive, de la perspective classique. On peut penser à la superposition accidentelle de deux positifs destinés à un très antique stéréoscope.

Les échelles sont bouleversées, les notions d’équilibre contrariées, les corps multipliés volent ou plongent, les objets les plus solides se dédoublent et leurs frontières deviennent incertaines…
Hortense Varillon produit d’authentiques trompe-les-sens…
Louis Doucet